Interview du globe painter Julien « Seth » Malland !

Interview de Julien « Seth » Malland par Delphine Labbaye !

J’ai découvert Julien Malland, alias Seth, en regardant l’émission de Canal Plus, les Nouveaux Explorateurs. Quand il n’est pas en voyage pour rencontrer d’autres peintres adeptes du street art comme lui, il vit dans le quartier de Belleville. Et justement, en novembre, il en a habillé un mur… 

Bonjour Seth, vous venez de peindre une fresque en haut du parc de Belleville. Comment cette fresque est-elle née ?

« J’ai été sollicité par une association du quartier, ART AZOI, qui connaissait mon travail. J’ai tout de suite dit « oui », car le panorama de Paris est superbe à cet endroit. Il y a peu de murs disponibles à Paris, et souvent, les fresques ne restent pas longtemps intactes. Mais je suis heureux de peindre dans mon quartier, pour ses habitants, et pas seulement pour les touristes. Ce quartier a marqué l’histoire de la ville de Paris. C’est là où est née Edith Piaf, où a vécu Charles Trenet, où se déroule l’histoire de Casque d’or… Il a beaucoup changé depuis mais il est resté populaire… et j’aime l’idée que l’art puisse être accessible à tous. »

Vos personnages sont presque toujours des enfants, et souvent il se dégage une forme de sérénité, de protection, qui fait penser à Miyazaki, en particulier au Voyage de Chihiro. Cette référence vous convient-elle ?

« J’adore ! On me le dit souvent, alors j’ai peur de le copier… J’aime le style graphique simple qu’il a trouvé et avec lequel ses personnages racontent quelque chose de très poétique. C’est aussi ce que je recherche. »

Vous peignez également sur toile, pour des galeries. Vous étiez récemment exposé à la galerie Géraldine Zberro, dans le 8ème arrondissement. En quoi c’est différent de la fresque de rue ?

« La peinture dans la rue est plus instinctive et plus spontanée. Ce qui m’inspire, ce sont les voyages, la rue et les croquis que je peux en tirer. Passer à la toile était en challenge et je suis heureux de l’avoir relevé ; les techniques de peinture sur mur ou sur toile sont très différentes, mais elles se nourrissent l’une de l’autre. »

Vous êtes reporter pour l’émission de Canal Plus, Les Nouveaux Explorateurs. On vous voit graffer à plusieurs, vous répartir des murs… Comment on choisit un mur et comment on réalise une fresque à plusieurs ?

« Je choisis les murs en fonction de leur matière, de leur environnement, de l’histoire politique du lieu, de ce que l’endroit raconte… C’est le mur qui inspire le dessin que je vais faire, et non l’inverse. Réaliser une fresque à plusieurs, c’est bien sûr créer une œuvre collective, mettre un peu son ego de côté. Je choisis en général des artistes dont j’apprécie le travail. On dessine et on peint ensemble. La plupart du temps, ça se passe bien. Chacun trouve rapidement ses marques. »

Vous venez de publier un livre, Extramuros, qui est comme un carnet de voyages à travers 8 pays dans lesquels vous êtes allés pour les Nouveaux Explorateurs : l’Inde, la Chine, le Chili, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam, le Sénégal, la Palestine… En quoi ce livre est-il la prolongation de vos reportages ?

« J’essaie de rester sur place quelques jours à la fin de chaque tournage. Cela me permet d’approfondir les échanges et de peindre d’autres murs. En Indonésie, j’ai peint sur les murs d’un village détruit en collaboration avec des femmes qui réalisaient des motifs floraux sur les vêtements de mes personnages. En Palestine, j’ai réalisé des fresques dans un camp de réfugiés. Ce livre rassemble mes récits de voyage, les photos de mes peintures et des lieux qui les entourent. »

Pour revenir à Paris et à votre fresque de Belleville, on voit, comme souvent dans vos œuvres, un enfant de dos dont le visage passe à travers le mur. Que voit cet enfant ?

« A chacun de l’imaginer… Il peut regarder vers le passé, le présent, l’avenir… On pourrait aussi se dire qu’il cherche à se protéger de ce qu’il y a derrière lui… Mais non, je crois que ça vient plutôt d’une pensée positive. C’est une ouverture vers l’imaginaire. Je dessine aussi souvent le nez de l’autre côté du mur. C’est une invitation à respirer, à se libérer d’un système, à laisser place à la créativité… »

Merci Seth !

Pour en savoir plus sur son univers, c’est par là :

– sa page  FACEBOOK

– son site GLOBE PAINTER

– son livre EXTRAMUROS

 

 

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