Interview Ulrich Formann : de Tom Sawyer à I Got You !

Il y a quelque temps je vous parlais de See My Love , le maxi d’ Ulrich Forman ! Aujourd’hui je vous présente I Got You, un single pop à mettre dans votre smartphone pour l’été . Déjà 150 000 vues pour ce clip  en quelques jours, de quoi s’intéresser à cet artiste multi casquettes …

Son EP est bien sûr disponible sur les plateformes de téléchargements légales ! Ulrich Forman y propose chansons et sucreries joyeusement écrites … qui vous feront aimer l’amour et les multiples sentiments que cela procure : du manque au bonheur ! Je vous laisse le découvrir un peu plus dans cet ITW qui l’a eu la gentillesse de m’accorder .

Bonjour Ulrich… Est-ce que tu peux te présenter, nous raconter comment Polérik est devenu Ulrich ? Et d’ailleurs pourquoi le pseudonyme Ulrich Forman ? A la lecture de ta bio , je vois que tu affectionnes particulièrement les pseudos …

Bonjour Samia,

Avant toute chose, merci de t’intéresser à mon projet et plus généralement merci de consacrer du temps et de l’énergie pour participer à la diffusion d’artistes émergents et permettre au public de découvrir de nouveaux « sons ». Pour répondre à ta question, je suis compositeur et je travaille aussi bien sur des projets purement musicaux, que pour la pub, le cinema ou la danse. Par ailleurs, j’ai mon propre label, « Au Revoir Ma Belle Productions» dont la seule ligne directrice artistique est de répondre à des coups de cœurs et ce, quel que soit le style de musique.

Pour résumer, je travaille aussi bien pour les autres que pour moi. Lorsque je ne compose pas pour d’autres artistes, je ne me mets aucune contrainte de thématique ou de style, je réponds là encore à une pulsion, une émotion. J’aime travailler vite pour capter un « état » à l’instant T. Une fois terminé, je prends un peu de recul, réécoute le titre et en fonction du propos et du style, des arrangements et de l’orchestration, je décide de le signer sous tel ou tel pseudonyme.

J’ai en effet, plusieurs pseudo, que j’utilise comme des casquettes ou parfois même comme des masques. Le répertoire que je défends sous le nom d’Ulrich Forman comprend de loin mes titres les plus personnels. Avec le temps, j’ai paradoxalement trouvé dans ce costume une façon d’être moi-même. A posteriori, c’est LE projet que j’aurais pu défendre sous mon vrai nom, bien que la dimension romanesque et internationale de la sonorité du nom Ulrich Forman servent parfaitement ce projet.

 Dimension romanesque et internationale … Tu as choisi d’écrire tout l’EP en anglais, est ce que tu trouves que cette langue est plus facile que le français pour faire passer un spleen, une mélodieuse mélancolie ?

Je me suis formé seul à la musique et d’aussi loin que je me souvienne, les premiers disques ou cassettes que je récupérais et que j’écoutais était du rock, de la pop ou du rap anglo-saxon, que ce soit Pink Floyd, Joy Division ou De La Soul. Alors, lorsque je me suis mis à écrire, la question ne s’est pas posée. Oui, il fallait que j’écrive en anglais pour pouvoir donner cette dimension pop internationale à ma musique et sans doute pour pouvoir continuer me projeter dans la peau de mes idoles d’antan.

Avec du recul, je pense que ce doit être plus difficile d’écrire des textes personnels et introspectifs en français. D’une certaine façon, c’est s’exposer encore davantage. Une fois de plus, l’utilisation de la langue anglaise est sans doute une façon de me cacher dans un costume, une façon de brouiller un peu les pistes.

Ulrich Formann Studio

 Je vois …. Chanteur, compositeur, réalisateur et producteur de musique dans lequel de ces métiers t’épanouies tu le mieux ?

J’aime pouvoir changer à volonté de casquette. Avec les années j’y ai trouvé un certain équilibre. Chaque « fonction » en alimente une autre. J’ai créé ma petite boucle vertueuse.

Des envies de collaboration ? Je sais que tu as déjà travaillé en tant qu’arrangeur avec Yann Tiersen … Mais si demain tu étais invité sur un duo avec qui aimerais-tu le faire ?

C’est une question à la réponse évolutive. En effet, en fonction des humeurs du moment, des « phases musicales » que je traverse et pleins d’autres facteurs ma réponse à cette question change. Malgré tout, il y a bien une artiste qui de façon récurrente est dans le top de ma wishlist : Feist, dont j’admire profondément le travail. Elle a su créer une pop à la fois subtile et populaire. Une musique et une production qui parlent aux initiés comme aux auditeurs non avertis. Pour cela, elle est en quelque sorte un peu une référence pour moi et pouvoir collaborer avec elle serait une consécration personnelle.

 Ton truc contre le trac ?

J’imagine que si j’en ai un c’est sans doute le travail. Se donner les moyens d’être prêt. Je n’y parviens malheureusement pas toujours.

Mais si, mais si …. Quelle chanson te met les poils immédiatement ? 

Là encore j’hésite. Alors je donnerais deux réponses parmi les multiples possibilités qui s’offrent à moi, un titre classique et un titre contemporain : « In My Life » des Beatles sorti en 1965 sur l’album Rubber Soul et « Flume » de Bon Iver sorti en 2007 sur l’album For Emma, Forever Ago. Dans les 2 cas, je trouve que la mélodie, l’harmonie et l’arrangement servent parfaitement et sobrement les paroles … des paroles qui me parlent.

 Ton premier choc artistique ?

Mon premier choc artistique n’est sans doute pas musical. Il se peut que ce soit ce roman d’aventure pour enfants « Tom Sawyer » de Mark Twain. Je me souviens encore parfaitement de l’endroit où j’étais lorsque du haut de mes 9 ans j’ai terminé ce livre. J’en ai pleuré de rage en me disant que moi aussi je voulais une vie de liberté, d’aventures et d’amour … je cours toujours après.

Ulrich Formann I got you

 Ah ah ah Tom Sawyer c’est l’Amérique, le symbole de la liberté 😉  …C’est Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? Et plus généralement quel est ton type de musique, tes inspirations … ?

En ce moment je réécoute beaucoup la réédition de « Smile » des Beach Boys parue en 2011. Je ne cesse de me dire que le destin chaotique de cette œuvre et de son créateur Brian Wilson lui donne une profondeur rare dans l’histoire de la pop music. A chaque, écoute on ouvre une nouvelle porte vers un nouveau labyrinthe. Parfois on en trouve la sortie et un dénouement heureux, parfois pas. J’écoute aussi beaucoup l’album « Everyday Robots » de Damon Albarn. J’aime m’identifier, en toute modestie, à cet artiste touche à tout qui passe d’un projet pop comme Blur à un projet plus hybride comme Gorillaz en passant par la folk de The Good The Bad and The Queen et ce toujours avec bon goût. Certes, le succès premier de Blur lui a offert une certaine liberté de création mais à l’écoute de son travail il me semble qu’il ne court pas après le succès. Si il le rencontre tant mieux mais j’ai le sentiment qu’il se laisse encore guider par ses envies, ce qui rend sa musique sincère … c’est la seule clé me semble t-il. Et en vrac je trouve le nouveau titre de The Do « Keep Your Lips Seal » vraiment top (qui laisse pré-sentir un belle album à venir) et j’adore le premier EP de ce duo electro néerlandais Weval « Half Age ».

Pour ce qui est de mes inspirations j’essaye de ‘faire ma cuisine’ entre les influences qui restent des piliers à tout moment comme Ennio Morriconne, les Beatles ou Burt Bacharach et mes coups de cœur plus récents comme Django Django, Jake Bugg ou Metronomy le tout au service de mes émotions.

Jole référence … La chanson de ton Ipod qui te fait honte, mais que tu adores 😉 ? 

La chanson que j’ai dans mon iPod et dont j’ai honte mais que je trouve top c’est la reprise du titre de Metallica « Nothing Else Matters » par ce quatuor de violoncellistes gotiques en impers noirs, Apocalyptica.

AhAhAh … je ne connais pas ..mais ça mérite un tour sur youtube ! Quel est ton / tes  endroit (s) préféré ( s)  dans Paris ? Qu’est-ce que tu aimes le plus dans Paris ? Que tu détestes ? D’ailleurs es – tu Parisien ?

J’aime les grandes villes comme Paris ou New York, perdu au milieu de la foule on reste anonyme. J’aime aussi ce côté « fourmilière » que je trouve assez grisant. Et contrairement aux fourmis, ce qui est pas mal dans les grandes villes c’est que l’on peut s’en échapper … puis y revenir. Je sais, c’est un bien cliché mais ça décrit bien ce que j’en pense.

Je ne suis sans doute pas « Parisien » dans l’âme, alors non je ne te dirais pas que j’aime flâner dans les friches industrielles qui longent les quais de scène dans le 15ème au petit matin entre chiens et loups en écoutant Lana Del Rey. 🙂 … Pour ce qui est du petit ‘spot’ que personne ne connaît et que je recommande … j’adore la laverie automatique du 7 rue Fourcroy dans le 17ème. J’aime m’y poser en quelque sorte. Les connaisseurs comprendront.

Ulrich Formann

Tu cultives un look de hipster, car je suis certaine que tu es amateur de Jazz mais pas que … la mode aussi   … Quelles sont tes adresses mode préférées ? Tes adresses secrètes parisiennes ou pas ?

Pour ce qui est du look hipster, si tu penses à la barbe, c’est un rêve que j’ai depuis … que j’ai lu Tom Sawyer, alors dès que j’ai eu trois poils, j’ai laissé poussé … donc bien avant que ce ne soit la mode. Je n’ai pas un esprit de contradiction assez poussé pour m’être rasé la barbe alors que les autres la faisaient pousser. Pour ce qui est de la mode je n’ai malheureusement pas vraiment de botte secrète à donner, si tu as ça, ça m’intéresse.

 Ou est-ce que l’on peut venir te voir prochainement sur scène ?

Je finalise actuellement mon album en studio et je fais pas mal de co-écriture avec des artistes étrangers … tout ça pour des sorties prévues en 2015 donc je ne serai pas sur les festivals cet été. En revanche, il y aura des dates de concert à l’automne et je ne manquerai pas de te les communiquer.

J’espère bien … Merci Ulrich … et je te  souhaite un bel été, à très vite !

Ulrich Forman

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1 Commentaire

  1. Mehri
    10 juillet 2014 / 14 h 38 min

    J’adoreeee ce mec

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