Interview Anouk Aïata : La femme mangeuse des nuages du ciel !

Album Anouk Aiata

Je vous en parlais il y a peu ! Anouk Aïata  a sorti son premier album chez Barclay le 8 avril dernier, un projet qui a vu le jour avec la collaboration du violoncelliste Amos Mâh. Après ses débuts à l’Olympia en première partie de Marc Lavoine ou Olivia Ruiz (entre autres), le duo a enchaîné une série de concerts Aux Trois Baudets en avril dernier … L’occasion d’aller à la rencontre de cette mangeuse de nuages pour en savoir un peu plus ! Je vous laisse découvrir cette « vraie » artiste à la tête bien faite, loin du marketing de masse et proche de vraies valeurs ! Quand on voit qu’une certaine fait le 20 heures de TF1, en se mordillant les lèvres et en minaudant avec un disours vide de sens, pauvre France Gall !!! ) … Eh bien, ça fait du Bien de découvrir autre chose… Merci à Anouk Aïata pour cette parenthèse attendue …

LCDP : Bonjour Anouk … Est-ce que tu peux te présenter, nous parler de ton pour musical ?

AA : Bonjour Samia, j’ai grandi à champigny sur marne sur les bords de marne entre verdure et béton. Très tôt, la musique s’est imposée à moi comme une évidence, elle est pour moi le moyen d’expression le plus bouleversant qui soit. J’ai monté mon premier groupe à 15 ans et, au fil des années, j’ai pu évoluer dans des styles musicaux différents du jazz , à la world en passant par le trip hop et  l’éléctro puis en 2008 j’ai rencontré Amos Mâh avec qui nous avons monté le projet ANOUK AÏATA.

LCDP : Si j’ai bien compris, Anouk Aiata est le nom d’un groupe ? Amos Mâh violoncelliste et toi même  ? Comment s’est faite la collaboration? a-t-elle été proposée par ta maison de disque ?

AA :  Oui Amos et moi formons un duo créatif, c’est mon binome , mon « frère de son », comme j’aime à l’appeler. Cet album a été écrit à 4 mains, et les suivants le seront aussi .:) Nous nous sommes rencontrés dans un projet trip hop, il était le violoncelliste du groupe et nous improvisions souvent sur scène ce qui nous a permis de nous rendre compte qu’il y avait entre nous une véritable alchimie musicale, et l’envie de faire les mêmes choses. Ce n’est donc pas notre label qui nous a fait nous rencontrer mais c’est plutôt nous, qui plus tard, sommes partis à la rencontre des labels ..

Anouk Aiata _Barclay

LCDP : Joues-tu d’un instrument ? Quand tu écris, comment te vient l’inspiration, … une musique d’abord, une idée sur papier  ?

AA : Comme je le disais Amos et moi faisons les textes et les musiques à deux sans aucune règle, aucune loi, . Je joue un peu de guitare, ce qui me permet de trouver quelques bases pour mes morceaux.. Parfois Amos arrive avec un texte, une musique, ou les deux, parfois c’est moi qui apporte la matière première, ça dépend. Il nous arrive également de travailler de A à Z l’un à coté de l’autre et de faire naître une chanson en une après midi ..

Tout ceci est assez anarchique et irrégulier, à l’image de ce qu’on nomme l’inspiration. Il y a des jours où l’on se sent touché par la grâce et d’autres où l’on a le sentiment d’être vide sans rien à écrire.. C’est ça la création, l’inspiration, quelque chose d’ingrat et de merveilleux qui vient vous saisir,  vous investir d’une mission urgente comme un canal entre vous et l’univers… Ca à l’air mystique comme ça, mais ça a toujours était une vérité pour moi, l’art touche au divin, au sacré , au mystique, les artistes n’en sont que les réceptacles choisis au hasard, des messagers .. ils ne sont utiles que pour distiller les messages de l’univers … j’ai l’air folle, je sais 🙂 hahaha!

AA

LCDP : Pas du tout folle, je te comprends très bien et ton discours me parle … vraiment ! Ton album « La femme Mangeuse des Nuages Du Ciel » vient de sortir, tu as eu la chance de faire les premières parties d’Olivia Ruiz, Marc Lavoine, Cali et d’enchaîner avec une série de concerts aux Trois Baudets. On a l’impression que tout a été très vite … Tu as envoyé une maquette et bingo… ou as-tu été repérée dans le cadre d’ un festival,  d’une vidéo sur le net etc… avant de signer chez Barclay

Au contraire, la route fût longue, très longue et j’ai usé mes souliers sur bien des scènes en France depuis plus de 10 ans. Chaque projet musical auquel j’ai participé était pour moi tel une graine que je semai, en espérant que l’une de ses graines fleurisse et me mène aux portes des maisons de disques .. quand Amos et moi avons monté le projet Anouk Aïata c’était, dans ma tête, le projet de la dernière chance.. mais heureusement, les rêves ont repris le dessus ; nous avons beaucoup écrit et composé , puis nous nous sommes entourés d’un manager et d’un apporteur d’affaire qui sont allés démarcher les maisons de disques et les éditeurs armés de nos maquettes , les rendez-vous se sont succédés durant un an environ et en février 2012, après moult péripéties, nous avons signé au sein du label barclay ! L’accomplissement fût!:)

 

LCDP : Si demain tu devais faire un duo ? Avec quel artiste aimerais-tu le faire ? Et pourquoi ?

AA : Il y a beaucoup d’artistes que l’on pourrait citer mais … pour n’en nommer qu’un seul je dirai… BEIRUT ! Et …. tout simplement parce que ce groupe est génial et que j’aime énormément leur univers !

LCDP : Quand tu es rentré en studio pour La femme Mangeuse des Nuages Ciel, avais-tu déjà beaucoup de titres à exploiter ? 

AA : Oui beaucoup, mais avant de rentrer en studio nous en avions pré-sélectionné une quinzaine avec notre directeur artistique. Nous en avons finalement gardé 11 pour l’album , il y a donc des inédits à venir …;) surprise !

LCDP : Dans La femme Mangeuse des Nuages Du Ciel qu’est qu’il y a comprendre ? Est-ce un nom amérindiens qui t’a été donné par un chamane ? Les titres présents dans l’album comme L’arbre à plumesLes ronds de fumée ou Lady Western m’embarquent dans cette ambiance … Peux-tu nous parler de l’histoire de ce premier album … à plumes 😉

AA : Effectivement c’est à peu près comme ça que je le vois , comme un nom donné par un grand chef sorcier mais c’est aussi, et plus simplement, la signification d’AÏATA qui, en maori signifie : la femme mangeuse des nuages du ciel . Pour moi les nuages c’est le rêve, l’errance, des tableaux polymorphes qui nous racontent des histoires et qui au gré du vent s’envolent vers des aventures et des contrées toujours nouvelles, c’est un peu comme ça que nous avons « pensé » l’album, une musique de voyage, d’errance, entre rêve et réalité, une balade dans le passé et le présent, sans frontière aucune, une rencontre avec nos émotions, des chansons- tableaux, des décors colorés .

Anouk Aiata

LCDP : Quelle chanson te met les poils immédiatement ? Qu’est ce que tu écoutes en ce moment 

AA : Sans hésiter je dirai une chanson de Barbara, n’importe laquelle, avec moi c’est immédiat. Barbara est mon héroïne et si je devais ne donner qu’un titre, aujourd’hui je dirai : « mon enfance ». Sinon ma découverte du moment c’est FAUVE. Une claque ! C’est intelligent, nouveau. J’ai l’impression que ces jeunes mecs ont compris beaucoup de choses et il me tarde d’aller les voir sur scène .

LCDP : Tu as une voix puissante, que penses-tu du concept The Voice ? Si tu n’avais pas un album dans les bacs aujourd’hui, aurais-tu tenté l’aventure the Voice ?

AA : Honnêtement je ne crois vraiment pas, les télés crochets, ça n’a jamais été mon truc, il y aurait beaucoup de choses à en dire d’ailleurs… En ce qui concerne THE VOICE, c’est un peu trop « la grande célébration de la démonstration vocale » à mon goût.  Bref, ça n’est pas pour moi, par contre je ne peux que comprendre l’engouement des jeunes par rapport à ces programmes et je respecte le fait que l’aventure puisse les tenter.

LCDP : Tu es présent sur Twitter, as-tu deux Twittos à me conseiller ? Et pourquoi eux …

AA : Euh .. je ne suis pas encore très opérationnelle avec twitter mais je m’entraîne 😉 . Comme twittos je dirai mon comparse Amos Mâh bien sûr / @amos_mah, et pour garder la tête dans les étoiles je vous conseille les twitts de la NASA / @NASA

LCDP : SI DM devenaient visibles ? dans la mouise ou pas 😉 ?

AA :  Tristitude mais même pas! 🙁 les seuls que j’ai concernent le travail ..

Anouk Aiata CR Patrice Dorizon

LCDP : Es-tu d’origine Parisienne ? Quels sont tes spots préférés dans Paris ? Où aimes-tu sortir 

AA : j’ai grandi dans le val de marne puis, plus tard, j’ai vécu à belleville qui est un quartier que j’adore ! Paris est une ville géniale qui mérite plus de soleil, « RENDEZ NOUS LE SOLEIL!!! » mes spots préférés sont les bars bellevillois, les quais, le canal l’été, des classiques quoi ! 

LCDP : Et pour finir, une dernière question, quelle est ta définition d’une chipie ( rire…) ? 

AA : Une chipie est une espiègle, une rieuse, une joueuse, une rêveuse, une femme mangeuse de nuages …

LCDP : Ahh .. Merci Anouk, belle route à toi … je te souhaite une carrière sans nuages 😉 …

AA : Merci et bonne soirée

Crédits Photo : Label Barclay – Anouk Aiata – Patrice Dorizon


Anouk Aiata – L’Arbre à Plumes par deezer

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1 Commentaire

  1. 3 novembre 2013 / 17 h 34 min

    J’ai toujours eu un faible pour les voix de femme que je collectionne dans mon répertoire musical. C’est profond et rythmé. J’adore !

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