Interview du graffeur Grems !

Probablement, un des artistes les plus complet de sa génération, Grems est à la fois graffeur, graphiste, illustrateur, directeur artistique, auteur compositeur, producteur et MC. Publié dans toutes les revues spécialisées, Il expose dans le monde avec Silverbridge (Juli Susin) aux côtés de Jason Rhoades, Andreas Hofer, Mickael Rosendorff, Roberto Orth, Véronique Borguoin, au Labotario Arte Alameda de Mexico, au centre d’arts plastiques contemporains de Bordeaux, au centre national d’art et de culture Georges-Pompidou à Paris, etc. Un livre-album éponyme lui a été consacré par la maison Édition populaire et un documentaire pour une grande chaine TV française est en cours de réalisation. Une expo rétrospective lui sera consacrée à Nantes au mois de Juin, il participe à deux des plus gros festivals musicaux de l’année (Dour/ Worlwide Gilles Peterson) au mois de Juillet, entame une tournée nationale à partir de septembre et prépare son prochain album en signature sur un des plus gros labels internationaux.

Il a réalisé les visuels des nouveaux packs Philips où chaque visuel illustre la promesse son des casques (Downtown : son clair et naturel / Uptown : son haute précision / Shibuya : Extra bass).

Pourquoi as-tu accepté cette collaboration avec Philips ?

D’une part parce que j’ai été sensible aux produits et ensuite parce qu’ils n’ont pas uniquement fait appel à mon style mais aussi à mon cerveau en me demandant d’illustrer graphiquement 3 promesses sonores bien spécifiques. Faire de jolies formes avec de jolies couleurs c’est sympa , mais s’il y’a un propos, une idée, c’est mieux. Et graphiquement, des basses, un son clair et naturel et puis un son très précis, ça ressemble à quoi ? J’ai beaucoup tâtonné pour parvenir à un résultat qui risque de surprendre pas mal de gens habitués à ne voir qu’une partie de mon travail et j’aime toujours surprendre, qu’il s’agisse d’expression graphique ou musicale.

Comment as-tu abordé ce challenge ?

Il fallait faire du Grems sans faire du Grems (rires). J’ai tout de suite compris ce qui m’était demandé et j’ai adhéré à la démarche. Exprimer graphiquement la nature d’un rendu audio avec des caractères typographiques, des personnages, ça ne marche pas. Je suis tout de suite parti sur des formes que j’ai cherché à articuler autour du symbole de l’oreille. J’ai commencé à dessiner des tas de formes. Mon studio était plein de feuilles volantes pendant 3 jours ; un vrai bordel. Petit à petit, tout s’est architecturé dans ma tête. Il fallait faire un «all over» cohérent de sorte à ce que l’objet puisse se regarder sous tous les angles sans donner une impression de retappe ou de raccords mal ficelés. Il y a un coté premium dans le rendu. C’est certainement volontaire. Absolument. Nous ne voulions pas tomber dans le cliché street art et balancer des couleurs dans tous les sens pour faire «jeun’s». Le design des casques est globalement sobre et élégant. Cela aurait été stupide de partir dans un délire fête du pantone! Je suis donc parti du code couleur logo que j’ai décliné sur fond noir.

Et cette collaboration avec Machinedrum?

Ah oui ! Incroyable. Quand ils m’ont dit qu’il voulaient lui demander 3 tracks pour parfaitement illustrer les caractéristiques audio de chaque casque, je suis devenu fou ! Le rapport son/musique/graphisme, c’est parfait. Ça a tellement de sens. Je déteste les trucs gratuits ! Et puis Machinedrum, je suis tellement fan. Ce type est incroyable, il n’arrête pas de créer, d’inventer, de brouiller les pistes, de jouer avec les codes. Je ne peux que me reconnaitre dans ce genre de démarche.

Que penses-tu de cette marque : PHILIPS?

Ce n’est pas le genre de marque qui me faisait rêver à la base mais c’est une marque que je respecte énormément. Ils sont là depuis longtemps et ils font des tonnes de trucs. J’ai grandi entouré de tas de trucs faits par cette marque, ils sont toujours là et ils avancent ! Ça force le respect. Ce sont des gens intègres.

PHILIPS qui fait des casques audio, ça te parlait ?

Pas vraiment. Je savais bien qu’ils faisaient des casques, tout le monde le sait. Mais je ne m’y étais jamais intéressé. Lorsqu’ils m’ont présenté leur nouvelle gamme, j’avoue que j’ai été un peu bluffé. Déjà je les trouve simples, élégants, classes. Quand tu les mets, t’as pas une tête de Télétubbies ! J’ai essayé les 3 mais bon, j’avoue avoir une préférence pour le Shibuya par rapport au genre de musique que j’écoute (sourire). Un truc aussi : Ils sont ultra confortables. La première fois que j’en ai essayé un, je l’ai porté pendant 4 heures dans le train, le son à fond et je peux te dire qu’à l’arrivée quand t’as pas les oreilles en chou fleur, c’est vraiment appréciable.

Ta carrière dans la musique est en train d’exploser. Les arts graphiques, tu lèves le pied ?

Jamais de la vie. Je viens de là. J’ai encore trop de choses à exprimer. Je suis à fond sur tous les fronts: la musique, le graphisme, l’illustration, le graff et ma marque USLE. Je commence même à réaliser mes clips (sourire). C’est un tout qui m’équilibre. Tout est lié. Parfois, je cherche un son pendant des heures. Je butte, je surchauffe. Pour me calmer, je prends mes bombes, je sors et je vais péter un mur !

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