De Rouille et d’Os, le nouvel uppercut d’Audiard !

Par où commencer … ? « Waouh put*** c’est beau ! » semble assez approprié pour décrire ce que j’ai ressenti en sortant de ce 6ème long métrage de Jacques Audiard, qui avait déjà frappé très fort en 2009 avec l’excellent « Un Prophète » et revient ici avec un nouveau chef-d’œuvre.

« De rouille et d’os » aurait sans doute pu s’appeler « De chair et de sang » ou « D’ombre et de lumière » tant il transpire l’animalité, la force brute, le sombre et l’éclatant à la fois, à l’image de ces 2 personnages principaux et de sa sublime mise en scène.

D’un côté il y a donc Stéphanie, extraordinaire Marion Cotillard – qui trouve sans doute ici l’un de ses plus beaux rôles – jeune femme pleine de vie, séduisante et sûre d’elle-même, jusqu’au jour où tout bascule à la suite d’un accident qui la laissera amputée des 2 jambes ; de l’autre Ali, époustouflant Matthias Schoenaerts dans un rôle quelque peu « casse-gueule », père célibataire fauché, brutal et marginal, qui va trouver en cette fille brisée une véritable catharsis.

Deux personnages opposés en apparence, l’un handicapé l’autre tout en force : on pense directement à « Intouchables » qui réunissait sur le même mode François Cluzet et Omar Sy. Mais si « De rouille et d’os » va aussi permettre à ces 2 héros de s’enrichir l’un l’autre et se compléter à en devenir inséparables, la comparaison s’arrête néanmoins là. Car le film d’Audiard est avant tout une histoire d’amour et de rage de vivre. Et c’est là que le récit prend toute sa lumière car si Ali semble à priori ce qu’il y a de pire : mec brusque, sans manières, peu loquace et qui peut paraître limite pas très intelligent ; c’est pourtant précisément ce côté direct, franc, sans pitié qui va permettre à Stéphanie de retrouver goût à la vie. Jamais il ne la traite comme une handicapée ou ne voit en elle une personne diminuée, lui qui semble abonné à la galère est habité d’une telle force de vie qu’il fonctionne comme un moteur en lequel elle va pouvoir puiser pour revivre. L’évolution de leur relation donne lieu à des scènes sublimes, intenses, parfois même non dénuées d’humour.

Le tout magnifié par une mise en scène belle et brutale, totalement en adéquation avec le récit. Audiard  a d’ailleurs confié avoir choisi une « forme cinématographique expressionnisteoù la force des images viendrait servir le mélodrame (…) Une esthétique tranchée, brutale et contrastée (…) Celle d’un monde où « Dieu vomit les tièdes » ».

« De rouille et d’os » est un film violent, sensuel, charnel, magnétique, quasi organique. Où le spectateur est amené à véritablement ressentir. Pas étonnant qu’il se situe dans l’univers du « free fight », où le sang coule, le corps souffre et encaisse, l’homme devient une sorte de bête prête à combattre jusqu’à son dernier souffle à la fois par orgueil et par nécessité.

Audiard filme cela comme une corrida où l’animal va être mis à mort dans un spectacle où le public est en même temps fasciné et écœuré. Mais ici la violence n’est pas gratuite, elle met en exergue tout ce qui constitue la vie de Stéphanie et Ali, qui combattent toutes deux à leur façon face aux épreuves, d’abord seuls puis ensemble, pour finir par vaincre. Et donne au final une histoire d’amour lumineuse, sauvage, bouleversante. Un film de corps et de coeur. Un film qui transpire la vie.

En résumé : c’est LE film à voir de ce mois de Mai, en attendant le verdict cannois qui vaudra peut être à son réalisateur sa 3ème récompense et un prix d’interprétation à ses comédiens, qui serait amplement mérité …

Leen-C

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About Leen-C

Céline De La Baume est diplômée d’une Maîtrise de communication option cinéma, elle a commencé dans l’audiovisuel (« un gars une fille », « On ne peut pas plaire à tout le monde », M6 etc…). Elle possède un talent d’écriture certain et une passion sans borne pour le 7eme art. Il était normal de lui confier la rubrique Cinéma. Pour la contacter : leen-c@lachipiedeparis.fr

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