La Cité Rose : la tess’ a du coeur !

J’entends déjà les sceptiques dire – l’étant moi-même un peu au départ – « Oh non, pas encore un film sur la banlieue, c’est bon, on en a eu assez! » Car il faut bien le dire, s’il y a eu de belles réussites (autant citer tout de suite « La Haine », dont le coffret collector trône dans ma DVDthèque), il y a eu aussi un sacré tas de daubes, sur lesquelles autant ne pas s’attarder. Mais alors, cette « Cité Rose« , vaut-elle le détour ? Réponse rapide pour les lecteurs pressés: OUI !

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La force de ce joli film tient selon moi avant tout à deux choses : son casting et la sincérité de son propos. Les acteurs sont en effet d’un naturel confondant, le petit Azize Diabate Abdoulaye – aka Mitraillette – en tête. Avec avec sa mine espiègle et sa gouaille enfantine, il n’aurait pu être mieux choisi. Les autres comédiens, mêlant acteurs professionnels et amateurs, insufflent à ses côtés une véritable énergie et donnent au récit ce côté attachant qui fait une grande partie de sa réussite. En effet, on croit en ces personnages, qui s’ils n’évitent pas certains clichés, donnent envie de passer ces 1h37 avec eux.

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Les dialogues ciselés aux répliques qui font mouche y étant pour beaucoup : c’est souvent drôle, ça sonne juste, et c’est même finalement plus profond qu’il n’y paraît. Car derrière le propos principal se cachent des réflexions sur le métissage, l’héritage culturel et ancestral, l’Histoire (de la France et de ses colonies), l’esclavage, les relations « interraciales », la parentalité, la place que chacun occupe dans la société et l’idée qu’on se fait des autres et de nous-mêmes … Sans misérabilisme ou ton moralisateur à deux balles, le film réussit donc, si l’on veut bien y prêter attention, à aller au-delà du simple portrait d’une cité pour questionner la société actuelle.

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La Cité Rose est aussi et peut être avant tout un film sur la famille : celle de sang et celle qu’on se crée au gré de ses amitiés, tantôt belles tantôt néfastes, comme va l’apprendre à ses dépens le cousin de Mitraillette, par qui le drame arrive. Et par extension sur l’amour : celui qu’on porte à ses parents, ses enfants, ses proches, ses amis … Et la bonne idée, c’est que c’est par Mitraillette que le récit se déroule sous nos yeux, ce qui donne cette fraîcheur et ce regard différent. Contrairement à la plupart des films du genre, celui-ci nous place donc à hauteur d’enfant. Un gamin comme beaucoup d’autres, qui aime les câlins de sa mère et ne rêve que de peu de choses : voir son papa à son prochain anniversaire, séduire la plus belle fille de sa classe et aller pour la première fois à Paris. Peu importe ici qu’il grandisse dans une cité ou ailleurs; comme les autres enfants, il vit ses moments de joie et de peine, entourés de ces copains, fasciné par les « grands » qui l’entourent. Ici ce sont notamment ses deux cousins, frères que tout oppose : l’un est brillant, exerçant des études d’avocat, l’autre cancre, qui s’enfonce vers une vie de délinquant. Toute la question est alors : quel chemin suivra Mitraillette en grandissant ?

La Cité Rose

S’il se termine sur une note émouvante, avec une fin ouverte qui laisse au spectateur le choix de son interprétation, La Cité Rose montre que derrière l’apparence sombre que revêtent communément les cités, existe une vraie lumière. Celle des enfants, qui avant d’être les adultes de demain, sont juste de petits êtres ayant encore envie de rêver. Et comme le dit si bien l’affiche : « Il ne faut jamais s’arrêter de rêver » …

A bon entendeur !

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  • Date de sortie : 27 mars 2013 (1h 37min)
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2 Commentaires

  1. Lucile
    31 mars 2013 / 1 h 45 min

    ça me donne trop envie ! mais je veux savoir si le gamin s’en sort à la fin … ??? trop les boules sinon !

  2. 2 avril 2013 / 12 h 13 min

    Ta critique est très intéressante. C’est vrai que le film interroge pas mal, et qu’il est plutôt frais et malin. J’ai surtout bcp aimé le petit, sans qui le film n’aurait pas été le même.
    Mais j’ai trouvé ça beaucoup trop cliché, avec un scnéario déjà vu ….

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