Blue Valentine : quand Cupidon s’est fait la malle…

Les histoires d’amour finissent mal en général, c’est bien connu, et celle de Blue Valentine ne déroge pas à la règle.

Deuxième long métrage du méconnu réalisateur américain Derek Cianfrance, qui portait ce projet depuis de longues années, le film narre la désintégration d’un couple, qu’on découvre au moment où rien ne va déjà plus et remonte en flash back au temps où tout était rose et porteur d’espoir.
Film sur le désamour, la passion qui fout le camp, l’impossibilité de communiquer qui finit par tuer deux êtres qui se sont pourtant tant aimés. En cela le scénario suit la trame classique du drame amoureux : la rencontre, la séduction, l’amour, la déchirure et la rupture finale, mais en la déconstruisant par petites touches mêlant le présent (sinistre) au passé (joyeux).
Porté par la performance de deux acteurs lumineux, le film nous renvoie à nos propres angoisses, à savoir l’amour peut-il durer toujours ? On se promet de rester ensemble pour le meilleur et pour le pire mais quand ce dernier arrive, a t-on réellement la force de rester et la foi de croire qu’un jour tout puisse redevenir comme avant ?

Ryan Gosling incarne donc Dean, jeune mec des quartiers prolos de New York, doué pour la musique, qui a quitté le lycée avant le Bac et vient de se lancer dans la carrière de déménageur. Tour à tour charmeur, romantique, plein d’élan puis pathétique derrière ses lunettes feutrées, ses doigts couverts de peinture, sa calvitie précoce, bière et clope à la main, qui ne sait plus comment s’y prendre pour sauver son couple qui se meurt. Michelle Williams, elle, est Cindy, une fille brillante mais mal dans sa peau, qui trouve refuge auprès de sa grand-mère pour combler l’affection que ses parents ne lui donnent pas, et ne se sont jamais donnés entre eux.. Elle voulait être médecin, elle est devenue infirmière. Elle finit par trouver un salut à sa solitude grâce à l’amour sincère que lui porte Dean. Malheureusement la passion du début cède la place aux désillusions, aux ambitions divergentes, et bientôt elle n’a plus en elle que dégoût et répulsion pour celui qu’elle aimait tant.

On est donc loin des standards hollywoodiens où les acteurs sont trop beaux pour être vrais et les fins toujours à l’eau de rose. Preuve en est le film a failli être tout d’abord interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, sans scène choque pourtant ! Ici la caméra filme de près les visages et les corps, que le temps a abîmé, consumé, qui n’arrivent plus à autre chose qu’à se déchirer et se rejeter. Même l’enfant ne pourra sauver le couple. La séquence dans la pathétique chambre d’hôtel futuriste est en cela magnifique d’intensité dramatique et le plan final, qui résume à lui tout seul le film, tout simplement bouleversant.

Blue Valentine est un film sombre donc, mais sobre, porté par un duo de comédiens à suivre de très près, dont la B.O. colle parfaitement au récit et où le générique final mérite de rester quelques instants de plus dans la salle.

Blue Valentine – Official Trailer [HD]

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Date de sortie cinéma : 15 juin 2011
Réalisé par Derek Cianfrance
Avec Ryan Gosling, Michelle Williams, Mike Vogel,..
Long-métrage américain . Genre : Romance , Drame
Durée : 01h54min Année de production : 2010
Distributeur : Films sans Frontières
4 nominations : Festival de Cannes 2010 édition n° 63

Synopsis : A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.

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