Another Happy Day : une famille pas formidable !

Film indé au casting alléchant et à la bande-annonce sympa, primé de surcroît au Festoche de Sundance : « Another Happy Day » donnait bien envie d’aller s’enfermer dans une salle obscure. Quid alors de cette cruelle comédie familiale où à l’occasion d’un mariage, une mère et ses deux fistons sont contraints d’aller passer quelques jours dans la demeure patriarcale où ils vont retrouver parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins, qu’ils ne supportent pas ?

Et bien fans d’ambiances hystériques et d’actrices passant la moitié d’un film à sangloter ou hurler n’hésitez pas, pour les autres, vu le froid ambiant, vous conseille de rester au chaud sous votre couette. Le réalisateur, Sam Levinson, fils de Barry (« Good Morning Vietnam », « Rain Man », « Bugsy », etc.), a sans doute profité de la notoriété de papa pour réunir pour son premier film la très bonne Ellen Burstyn (la mère totalement flippante de « Requiem For A Dream »), la revenante Demi Moore, l’ultra liftée Ellen Barkin (par ailleurs productrice du film) and co.

Mais on est vite lassé par la réunion de ces personnages tous bons pour un abonnement chez le psy, seul le rôle de Elliott, le fils camé et ultra cynique de Barkin, apporte un peu de relief à cette hystérie collective. C’est lui d’ailleurs qui tient le seul propos profond du film, à savoir que les liens familiaux ne se resserrent finalement jamais mieux que lors d’un décès, alors que pour le reste, la guerre est déclarée. Ezra Miller, le jeune comédien qui l’incarne, offre une prestation habitée, sans nul doute une belle carrière s’offre à lui.

Le film nous fait au final assister pendant 2 heures aux prises de tête entre Lynn et sa mère, Lynn et son ex mari, Lynn et ses fils, qui se soldent chacune par les sanglots et larmes d’Ellen Barkin, Lynn donc, qui n’a pas manqué de faire un tour par le rayon chirurgie esthétique avant d’endosser son rôle. Face à elle, en épouse de son ex mari, on a Barbie quinqua Demi Moore, refaite de la tête aux pieds comme chacun sait, qui remarque incarne à merveille la pouf’ américaine, qui n’aime rien tant que dézinguer cette pauvre Lynn.Tout ça devient très vite insupportable, heureusement qu’on a tout de même droit à quelques scènes drôles, notamment avec le plus jeune des fils, qui s’amuse à filmer tout ce petit monde, et le grand-père, totalement à l’ouest.

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Tout ça est au final assez creux, très américain quant aux réactions des personnages, et bien longuet … On en ressort avec l’envie d’aller boire un coup pour oublier ou découvrir enfin « Festen », chef-d’oeuvre du genre à ce qu’il paraît (honte sur moi de ne pas l’avoir encore vu !). A moins d’y voir un concentré sur la névrose jeuniste des actrices – américaines en particulier – qui ne veulent pas vieillir et ont recours au botox et autres pour tenter de paraître 10 ans de moins, mais finissent surtout par ne plus ressembler à rien ! Heureusement qu’il reste Meryl Streep, espérons que « La Dame de Fer » soit à la hauteur de son immense talent.

Chronique CINÉMA de Leen – C

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2 Commentaires

  1. 9 février 2012 / 15 h 17 min

    Hard core. Je ne me risque même pas à la bande annonce.
    Par contre, Festen, fonce. Tête baissée.

    😉

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